Notre histoire

L'histoire de JAMYAS, c'est aussi celle de Majdi.

JAMYAS a été fondée en 2004 par Majdi. Durant toutes ces années il a été porté par sa passion pour la mode, l'innovation, le respect du vivant et de la planète.

L'histoire commence aux Puces de Saint-Ouen, berceau du réemploi et de la seconde vie.

Une transmission naturelle

Son rapport au vêtement commence très tôt. Sa mère, couturière à domicile, lui transmet le goût des tissus et de la réparation pour faire durer les vêtements.

En l'accompagnant au marché et en la voyant choisir et négocier les fins de tissu, Majdi apprend presque sans le savoir les bases du métier.

JAMYAS est une aventure familiale.

Les enfants de Majdi sont nés dans la mode, ils ont grandi au milieu des jeans, des tissus, des Puces et des client·e·s. La semaine, ils poursuivaient leurs études ; le week-end, ils retrouvaient les Puces de Saint-Ouen.

Cette immersion leur a transmis une connaissance concrète du vêtement, mais aussi le goût de l'innovation, de la recherche de nouvelles solutions et d'une mode plus responsable.

JAMYAS, née aux Puces de Saint-Ouen

Plus tard, pendant ses études, Majdi cherche un petit travail le week-end. Les Puces de Saint-Ouen, très proches de chez lui, deviennent naturellement son terrain.

Il commence comme vendeur, puis s'installe à son compte. Il travaille la fripe, parfois le neuf, mais surtout le jean.

Très vite, il tombe amoureux de ce marché unique, de son énergie et de sa diversité. Hare Krishna, punks, gothiques, rockers, touristes, habitués, commerçants, clientes et clients de tous horizons, tout le monde s'y croise.

Des personnes très modestes comme des personnes fortunées se retrouvent autour du vêtement, de la fripe, du recyclage, de la brocante et de l'antiquité.

Mais les Puces, c'est aussi une réalité sociale plus dure, notamment autour de la porte Montmartre, où certains vendaient ce qu'ils pouvaient simplement pour vivre.

C'est tout cela que Majdi a aimé, un lieu populaire, vivant, parfois rude, mais profondément humain.

 

De vendeur à son propre commerce

Lorsque Majdi a commencé il se fournissait auprès de grossistes. Quand il s'agissait de la fripe il se débrouillait pour en avoir ou dans le neuf avec une spécialité le jean brut. À l'époque, il n'était pas difficile d'avoir du Made in France.

Très rapidement, Majdi a décidé de créer sa propre marque. Ses premières productions, ses premiers Made in France, il les a faits avec des sweat-shirts. C'était sans marque, qu'il vendait sur son stand aux Puces de Saint-Ouen. Au fur et à mesure des années, il a décidé de développer sa propre marque, mais sans chercher à grossir commercialement. Parce qu'en parallèle, Majdi était engagé dans la vie.

Préserver l'âme des Puces

Aux Puces de Saint-Ouen, Majdi s'engage progressivement pour défendre les petits commerçants et préserver l'identité populaire des Puces.

Il tient particulièrement à la fripe, au recyclage, à la création, au style et à cette diversité qui fait l'âme du lieu.

Son engagement devient syndical. Peu à peu, les puciers lui accordent leur confiance et le choisissent, lors des élections, pour les représenter et défendre leurs intérêts.

Le militantisme

Le militantisme de Majdi ne s'est pas limité à la mode. Il s'est engagé sur le terrain pour le droit au logement, la défense des habitant-e-s des quartiers populaires, ainsi que différents engagements sociaux et environnementaux,
 avec une même conviction afin d'agir concrètement là où les injustices se trouvent.

Un chineur dans l'âme

Bien avant que le leftover, les tissus dormants et les fins de stock de tissus ne deviennent une tendance, Majdi chine déjà ces matières pour créer en petites séries. Une démarche que Jamyas poursuit encore aujourd'hui pour éviter de mobiliser inutilement de nouvelles ressources naturelles.

L'engagement entrepreneurial, le jeans et les médias

2009, Majdi sur RTL, interviewé comme spécialiste technique du jean

En 2009, une équipe de RTL se déplace directement sur le stand de Majdi aux Puces pour l'interviewer et découvrir son travail autour du jeans.

Majdi est alors sollicité pour son expertise très technique, sa connaissance du denim, des matières, des coupes, des montages, de la confection et des méthodes de fabrication.

Majdi présente également sa marque dédiée au Made in France, avec déjà la volonté de produire localement et de valoriser les savoir-faire français.

Majdi, sollicité par Envoyé Spécial

Camelia Encinas, journaliste pour Envoyé spécial, est venue rencontrer Majdi pour recueillir son expertise sur le jean, les procédés de délavage et leurs risques.

Pendant plusieurs jours, à travers rencontres et échanges techniques, Majdi a choisi d'aider l'équipe de journaliste avec une conviction, ne pas seulement dénoncer les dérives de l'industrie, mais surtout apporter des solutions concrètes.

Il a travaillé sur les risques liés au sablage du denim et sur les alternatives permettant de mieux protéger les travailleurs et de faire évoluer les pratiques.

À cette époque, Majdi a choisi d'intervenir derrière la caméra, sans apparaître à l'écran, le sujet étant sensible. Le reportage a obtenu le 1er Prix dans la catégorie « Travail et Santé » au Festival International du Film de Santé.

Le Made in ?

Avec Jamyas, le Made in France ne se résume pas à une étiquette que l'on crie. Quand le tissu vient de France, ou pas très loin, on le fabrique en France. Nous ne voulons pas aller chercher une matière à l'autre bout de la planète pour la fabriquer en France, cette démarche n'a aucun sens. Nous travaillons avec des filières françaises et méditerranéennes depuis longtemps, et nous continuons ainsi.


Après la fin des quotas de l'OMC, la déferlante asiatique bouleverse l'industrie de la mode.

Majdi faisait jusque-là fabriquer en France. Puis, après la fin des quotas textiles au 1er janvier 2005 dans le cadre de l'OMC, le marché est bouleversé par une véritable déferlante de produits à très bas coût en provenance d'Asie.

Prix cassés, volumes massifs, concurrence déséquilibrée, et parfois des textiles contenant des substances chimiques interdites ou dangereuses, la libéralisation a profondément bouleversé le marché.

Pour garder la maîtrise de ses modèles, de la qualité et des délais, tout en restant sur une production proche de la France, Majdi décide alors de créer sa propre usine en Tunisie, avec une cinquantaine de salariés, tout en continuant à faire fabriquer une partie de ses collections en France.

Cette usine fonctionne déjà selon une logique très particulière : la production est réalisée exclusivement à partir de leftovers, de fins de stock et de tissus dormants. Une manière de produire en utilisant des matières déjà existantes plutôt que de mobiliser de nouvelles ressources.

Ce choix est documenté à l'époque par M6 qui se rend en Tunisie pour filmer son activité, tandis que RTL va à sa rencontre à Paris, directement sur son stand aux Puces.

Le Rana Plaza et Fashion Vigilant

Et sont arrivés les événements du Rana Plaza. Majdi a commencé à travailler sur un modèle social, un modèle social et environnemental, après l'effondrement du Rana Plaza. Le Rana Plaza, c'est cet immeuble qui abritait plusieurs ateliers dans des conditions complètement déplorables, qui s'est effondré et a fait beaucoup de victimes, essentiellement des femmes au Bangladesh.

Et là, il s'est dit : « Il faut que je fasse un cahier des charges, un label, quelque chose pour réécrire la mode de demain. » La mode milieu de gamme. Ce qui intéresse Majdi, ce n'est pas spécialement la haute couture ou l'élite. C'est proposer à un maximum de gens des vêtements fabriqués d'une façon raisonnable, tant sur le volet social qu'environnemental. Majdi a donc commencé à travailler sur ce cahier des charges, qu'il a appelé Fashion Vigilant.

Big Booster, les rencontres et une aventure jusqu'à la COP21

Comme il faisait beaucoup d'allers-retours dans la production entre la France et la Tunisie, l'ambassade de France en Tunisie lui a envoyé un mail en lui conseillant de postuler sur tout ce qui concernait le textile et les moyens de production qui respectent l'environnement. Majdi a été surpris. Il s'est dit : « Mais pourquoi ? Est-ce que moi, je peux apporter une solution ? Pourquoi la Green Tech, ça peut intéresser ? » Alors que lui se considère comme un chiffonnier, un simple chiffonnier de fripes.

Et effectivement, c'était Big Booster Lyon-Boston. Il a postulé, comme tout le monde peut postuler. Il fallait en prendre quelques dizaines sur des milliers de candidatures, et il a été pris pour présenter ce concept. Il fallait présenter le concept dans un bootcamp à Lyon, qui a duré plusieurs jours. Cet incubateur lui a permis aussi de rencontrer des gens, différents modèles de par le monde, avec des entrepreneurs venus du monde entier. Et c'est là que l'aventure a vraiment pris une dimension totalement inattendue. D'autres incubateurs l'ont contacté. Il a aussi été invité, dans le cadre de Big Booster, à présenter son concept autour de la COP21 pour interpeller. À cette période, on parlait peu d'écoresponsabilité.

COP21 PARIS

Par la suite, il a été contacté pour postuler à Ticket for Change. C'est un incubateur d'entrepreneurs sociaux. Pareil, il a postulé, il a été sélectionné. Et là, ça a été une aventure exceptionnelle. Il fallait faire un tour de France de tout ce qui est entrepreneuriat social, des initiatives engagées en faveur du respect de l'environnement dans les moyens de production et dans la façon d'entreprendre d'une manière plus responsable. Ça a été quelque chose de magnifique, parce qu'il a été à la découverte, il a rencontré d'autres entrepreneurs sociaux. Il a été dans la même promotion que les fondateurs de Yuka.

L'Afrique et la fin de vie de la fripe

Majdi a rencontré Roger Nkodo Dang, alors président du Parlement panafricain, pour aborder la question de la « fripe sauvage » et, plus largement, celle de la fin de vie des vêtements en Afrique. L'objectif était de mieux comprendre les réalités du terrain et de réfléchir à des solutions concrètes pour éviter que les vêtements usagés ne deviennent simplement des déchets.

ACIM Marseille et les deux rives

ACIM Marseille a été une expérience très importante dans le parcours de Majdi. Cette association ONG, engagée sur les deux rives de la Méditerranée, entre l'Europe et l'Afrique, œuvrait à la création d'un véritable écosystème entrepreneurial.

Au départ, Majdi y a participé comme candidat. Puis, au fil du temps, il a été régulièrement sollicité pour intervenir, partager son expérience et accompagner cette dynamique, notamment aux côtés de Véronique.

Prendre le temps


 

Majdi Jeljeli a mené pendant plusieurs années un travail de recherche et d'expérimentation entre la France et la Tunisie. Il a croisé son expérience du terrain, du B2B, du B2C et de l'industrie textile avec l'entrepreneuriat social et l'innovation.

Au fil de ce travail, il a rencontré des institutions, des syndicats, des centres techniques, des industriels, des associations et de nombreux acteurs de la mode des deux rives de la Méditerranée. Cette démarche a conduit à la création de Fashion-Vigilant, présenté à la COP21 en 2015 puis déposé en Tunisie en 2016.

L'objectif était déjà clair : mieux protéger les femmes et les hommes qui travaillent dans le textile, réduire l'impact environnemental de la production et rendre la chaîne de fabrication plus transparente. Le dispositif prévoyait des contrôles sur le terrain, un meilleur encadrement de la sous-traitance et une traçabilité digitale du vêtement par QR code.

Ce travail a posé les bases de la vision que JAMYAS poursuit aujourd'hui : créer, produire et innover autrement, en gardant toujours l'humain et la planète au centre.

Majdi Jeans entreprise à mission, l'entreprise laboratoire

Majdi crée Majdi Jeans comme une entreprise-laboratoire pour tester plusieurs innovations : réparation, réemploi, remise en circulation de vêtements écartés par les marques, mais aussi pour analyser le comportement des clientes et clients habitués à la fast fashion.

 

Jamyas, Portez vos valeurs

La mode fait partie de notre quotidien, de ce que nous portons et de ce que nous voulons exprimer. C'est tout le sens de notre slogan : « Portez vos valeurs. »

Autour de JAMYAS, une communauté se crée avec de la bienveillance, de la tolérance et l'envie d'avancer ensemble. Nous pouvons nous tromper, apprendre, corriger et progresser.

L'ambition de JAMYAS est d'aller plus loin que le vêtement : faire émerger une autre façon de produire, d'acheter et de vivre la mode, dans le respect des êtres vivants, des ressources et de la planète.

Le logo 

Le "Y" de JAMYAS est une branche de palmier, un symbole profondément lié à l'identité de la marque. Présent dans de nombreux paysages du sud de l'Europe comme d'Afrique, il devient un trait d'union entre les deux rives de la Méditerranée, entre les cultures, les savoir-faire, les femmes et les hommes qui participent à l'histoire de JAMYAS.

Ensemble, nous pouvons changer la mode.

C'est quoi la suite ?

Nos prochains pantalons seront fabriqués uniquement sur précommande pour produire ce qui est réellement attendu.

Plus que quelques jours avant que l'on mette tout le processus en place.

Avec vous, les Jams, nous écrivons une nouvelle page de l'histoire de la mode.